Les Castors : pionniers du football à La Paillade

Nicolas Deltort (ActuFoot34, décembre 2007)

Pdf de l'article paru dans ActuFoot34

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L’Association Sportive La Paillade nait avec la construction du quartier en 1967. Cette équipe amateur suscite alors un engouement populaire comme nulle part ailleurs à Montpellier durant six saisons. Dirigeants et joueurs des Castors de l’ASP posent la première pierre. Celle d’une aventure qui allait devenir un conte de fée à l’arrivée de Louis Nicollin en 1974. Leur histoire est pourtant méconnue. Les quarante ans des premiers pas du « sport roi » à La Paillade est donc l’occasion de remonter le temps et de connaître la véritable histoire des prémices du football dans ce quartier.


Devant aider l’agglomération montpelliéraine à accueillir les Pieds Noirs rapatriés d’Algérie ou encore les jeunes issus du baby boom, le maire de Montpellier, François Delmas, décide lors du conseil municipal du 2 octobre 1961 de la création d’une zone à urbaniser en priorité (ZUP). Le domaine de la Paillade est choisi en accord avec l’actrice Sophie Desmarets, alors propriétaire des terrains et résidant dans le domaine à côté du marché des Halles actuel. La décision est validée par arrêté ministériel du 23 janvier 1962. Ce qui devait être amené à devenir une cité satellite de 35 000 habitants à l’architecture américano-latine n’est alors que garrigue au nord et domaine agricole au sud. Les travaux débutent en janvier 1964 mais c’est seulement vers juin 1967 que les premiers habitants s’installent dans la zone sud du quartier. Il n’y a que la résidence Bonnier de la Mosson, les tours d’Assas et Del Rey, quelques petites villas et HLM où logent quelque mille habitants. Parmi eux, des mordus de football bien évidemment. Des « ballonneurs » qui s’emmerdent un peu le dimanche et qui se cotisent pour acheter un ballon. René Ducarme, José Vicédo, Norbert Pajard, Montes et d’autres résidents de Bonnier de la Mosson peuvent alors échanger leurs premières passes sur un terrain vague proche de la rivière. Un certain Emmanuel Tur les regarde souvent jouer en passant par-là avec son chien de chasse. Pied Noir originaire d’Alger, il habite avec sa famille une des petites maisons les plus proches des stabilisés actuels. Au milieu des vergers de pommiers. Auparavant, les Tur étaient domiciliés à la Chamberte et avaient pour habitude de venir en marchant jusqu’à la Mosson pour s’y baigner.

Emmanuel Tur à la base de tout

M. Tur se dit qu’il faut soutenir ces jeunes, ces vrais pionniers de ce qui allait être la première section foot de La Paillade. Ils démontrent une réelle envie de monter une équipe et il faut donc aider ces bonnes volontés à concrétiser leur projet en leur apportant l’aide et les appuis indispensables. « Vous voulez former une équipe ? Je vous offre les maillots… » leur dit M. Tur. Rapidement tous ces footeux du dimanche se tournent vers lui pour qu’il soit le président de la future équipe. En tant qu’ancien officier supérieur chez les marines, il paraît être le plus capable. « C’était lui le cador. Il a été à la base de tout. Il a fédéré les gens. Sans lui je ne pense pas que le club aurait vu le jour » déclare aujourd’hui José Vicédo, militaire de carrière et secrétaire des Castors durant toute l’existence du club. Le premier comité directeur se forme en septembre 67 et une équipe est mise en place tant bien que mal. Ducarme, voisin le plus proche de Tur mais aussi ancien joueur puis entraîneur à Marengo en Algérie, prend les rênes de l’équipe comme coach. Etant aussi responsable des jeunes au club de Gignac, il arrive à y débaucher quelques joueurs grâce à sa « tchatche habituelle ». Avec ceux de la cité, un onze tenant la route peut alors disputer ses premiers matchs amicaux. Pas de compétition au programme de la saison 67/68. Les formalités d’inscription au championnat de district avaient trop tardé pour pouvoir y participer. « Nono » Pajard en profite pour s’inscrire en marge de cela au MUC où le rejoint un certain Louis Nicollin comme goléador. Tout juste envoyé de Lyon par son père pour s’occuper du business familial à Montpellier, celui qui n’est pas encore « Loulou » était à la recherche d’un club. La première formation de l’histoire de La Paillade joue sur le stabilisé qui aujourd’hui est devenu synthétique. Celui de droite en rentrant dans le parking du stade actuel. Le maillot bleu et blanc de l’ASP présente comme blason un castor symbolisant la construction du nouveau quartier.

Premier match officiel en septembre 68

C’est lors de la saison 68/69 que le club effectue son premier championnat officiel. Au ras des pâquerettes du football amateur, en 3e division de district. L’équipe du capitaine Vicédo tourne bien malgré le fait qu’elle ne puisse pas s’entraîner sérieusement en hiver faute d’éclairage. La cours du CES est bien prêtée une paire de fois par la directrice ou encore celle des pompiers quand le terrain est gelé et « dur comme de la pierre ». Mais sans entraînement régulier, il n’y a guère de place pour la moindre ébauche tactique lors des matchs. « Au départ on ne connaissait pas la zone, c’était le marquage à la culotte et puis c’est tout. On comptait sur les qualités individuelles. Le collectif est venu avec l’arrivée d’Alain Condamine et cette génération de joueurs s’étant connus en cadets ou juniors au SOM » révèle José Vicédo. Beaucoup de gens suivent l’équipe dès cette première campagne. Lors de certains matchs il y a deux ou trois rangées de supporters derrière les balustres en béton ou sur les buttes avoisinantes. Le club finit premier ex-æquo mais ce sont les Galeries Lafayette qui montent à la différence de buts. Un engouement populaire se crée derrière les Castors, donnant une vie et une âme à la cité.

Pour l’amour du foot

Les choses deviennent vraiment intéressantes footballistiquement pour les Castors lors de la deuxième saison en 69/70. Grâce à l’arrivée de très bons joueurs comme celle d’Alain Condamine qui conditionne les autres. Le jeune numéro dix vient d’effectuer son armée. Ses parents habitent la Paillade et il ne veut plus revenir à Richter pour y évoluer avec le Stade Olympique. Ce sont d’ailleurs les dernières heures d’existence du légendaire club montpelliérain. Condamine fait « le choix d’un club familial qui monte et pour l’amitié avant tout » comme il nous explique aujourd’hui depuis Avignon où il est expert comptable. Ses ex-partenaires de Gambardella du SOM le suivent à l’ASP pour les mêmes raisons. L’attaquant Bernard Gelly et le Gérard Capdeville dans un premier temps. Plus tard, au début des années 70 ils iraient débaucher un autre ancien du SOM, Robert Fabre. Comme entraîneur et pour remplacer un Ducarme vieillissant. A l’arrivée de Condamine et de ses potes, s’ajoute le recrutement judicieux du jeune stratège Michel Chafi en N°6, de Jacques Montcouquiol (international universitaire) et de Norbert Tortosa (international de la Police) en provenance des fameux Pierrots de Strasbourg. Le club bénéficie du grossissement du quartier et une équipe réserve peut être créée. « On avait une équipe du tonnerre, intouchable ! » se rappelle Norbert Pajard, meilleur buteur du club avec la bagatelle de 43 buts sur les 150 inscrits par l’équipe fanion durant cette deuxième campagne. Dirigée par le demi-centre et capitaine José Vicédo, la défense n’encaisse que 23 buts. Avec une seule défaite au compteur, les Castors obtiennent brillamment leur première montée. Ils vont même grimper d’un échelon tous les ans jusqu’en 74 à l’exception d’une campagne. « Un ou deux joueurs ont un peu trahi le groupe. On avait dit qu’on ne jouait pas en corpo le samedi si on avait un match le dimanche » explique l’ex-capitaine. Certains ne se plient pas à cette règle la veille d’un match décisif face aux PTT. La Paillade perd cette rencontre et finit deuxième en fin de saison. Mais peut-on parler de trahison quand la passion pour le football vous pousse à taquiner le cuir deux fois dans le weekend ?

«Le bon Dieu est passé par-là ! »

En six ans d’existence et avec l’arrivée de joueurs de pedigree supérieur chaque saison, l’ASP conquiert sa place parmi l’élite montpelliéraine. Ce tour de force a été mené avec des bouts de ficelles. Par des dirigeants bénévoles sans moyen financier et des joueurs ayant accepté de porter ce maillot uniquement par amour du foot. Dans sa note au sein du petit magazine que le club a fait paraître fin 69, le président Tur évoque les secrets d’une telle réussite : « Dans un quartier où les habitants étaient totalement étrangers les uns aux autres, une équipe s’est soudée : du Président jusqu’au dernier des remplaçants. De profonds liens d’amitiés sont nés au-delà de l’abnégation de certains et des concessions des autres.» Certes ces Pailladins jouent pour gagner mais surtout pour la beauté du jeu. Cette communion d’esprit se prolonge au-delà du stade, qui n’est en somme que le prologue d’une vraie vie de famille. [i]« Je disais toujours « Le bon Dieu est passé par-là ! .» Il y avait une ambiance du extraordinaire »[/i] nous confie Mme Tur la femme du président âgée de 85 ans aujourd’hui. Elle se fait porte-parole de son mari qui, à 94 ans, n’a plus tous ses souvenirs en mémoire. Au cours de notre conversation, celui-ci semble ailleurs, plongé dans ses vieux cahiers d’école où sont méticuleusement collés résultats et classements de l’ASP. Les noms de joueurs ne lui parlent plus sauf à l’évocation d’un d’entre eux : « Il était bon ce Chafi ». Mme Tur nous raconte qu’à l’époque des Castors, elle va prier avant tous les matchs pour que l’équipe gagne. Une femme sensationnelle selon la plupart des anciens joueurs. Ceux-ci attendent les matchs avec impatience. Et « tous les dimanches c’était la fête » renchérit Jean-Pierre Tur, le fiston alors ailier gauche de l’équipe fanion. Les joueurs se réunissent après tous les matchs à tour de rôle chez les uns ou les autres. C’est l’heure du pastis noyé dans la musique et la danse des gens heureux. Quelques fois Sophie Desmarets, la marraine d’honneur du club, se joint à eux pour boire le coup. « Des années sensationnelles, l’argent ne comptait pas » ajoute Mme Tur. Pas un joueur ne touche un seul centime, même si parfois l’argent est l’objet de quelques discussions, comme les primes de match. « Les moyens financiers étaient le seul souci. Du matos, on en a toujours eu mais il fallait aussi payer les 150 francs pour les trois arbitres et ce n’était pas toujours évident » avoue Jean-Pierre Tur. Alors, les femmes des joueurs passent autour du stade avec des chapeaux pour faire la quête. Devant celles-ci beaucoup de spectateurs se tournent. Alors ça gueule et il arrive même que la fameuse « Pompon » coure après certains. Peu importe, l’amour foot va subsister. Il est même décuplé lors de toute bonification dans les structures du club, aussi petites soient-elles. « Quand on a eu les premiers éclairages en 70, c’était le pied ! » se rappelle Jean-Pierre Tur. La lumière vient alors du frère de Jean-Claude Rabier. Entrepreneur en maçonnerie, celui-ci amène un groupe électrogène qu’il faut mettre en place et remballer après chaque entraînement. Puisque les collectivités locales ou la mairie n’apportent aucune aide il faut bien se débrouiller avec les moyens du bord. Les éclairages publics ne viendront que quelques années plus tard. L’ASP doit sans cesse batailler pour obtenir des aides, la plupart du temps en vain. Le seul réel avantage que le président peut obtenir pour ses joueurs est une carte de membre au Macumba Club des Clubs, la première discothèque à faire son apparition à Montpellier !

Tous exemplaires sur le terrain

L’image que commence à se faire le quartier, pas toujours des plus bonnes, ne joue peut-être pas en la faveur du club concernant les subventions. Mais pour sa part, l’équipe se tient toujours à carreaux sur le terrain. Alain Condamine tient un cahier où les joueurs décernent les étoiles après chaque match et concernant le niveau de jeu et le comportement de chacun. « On allait au ballon pour jouer, pas pour faire les cadors ou pour casser » affirme José Vicédo. Le président est de toute façon très attentif à la moralité de ses joueurs. Il faut qu’ils acceptent les conditions de jeu, le fait de ne pas jouer ou encore l’arbitrage. Le club n’a d’ailleurs jamais aucun problème avec les arbitres. « Pas qu’on n’ait jamais eu envie car ce n’était pas évident en déplacement et les arbitres à cette époque n’étaient pas toujours des flèches. Mais il n’y a jamais eu de cherche merde chez nous » ajoute l’ex-secrétaire du club. Emmanuel Tur voit toujours les joueurs avant de les recruter pour donner ou non son avis favorable. Et il se trompe rarement car il a une bonne connaissance des gens. Cela n’empêche pourtant pas la malice de certains de s’exprimer sur le terrain. Comme celle de son fils lors d’un match à Pignan alors que l’ASP mène 1-0 et qu’un attaquant adverse s’en va droit au but. « Comme je peux faire le sifflet de l’arbitre, j’en abuse et le gars s’arrête. Tout le monde se met à gueuler contre l’arbitre jusqu’à ce que l’arrière central adverse me dénonce. Je demande comment j’aurais pu faire ça sans sifflet et pendant ce temps il y a déjà eu envahissement de terrain » rigole le fils Tur. Ce derby face à Pignan est le déplacement le plus chaud avec ceux de Grabels, la Pergola ou Pérols. « C’était quand même assez houleux, des matchs âpres, ajoute Alain Condamine. Notre quartier s’était fait une mauvaise réputation ce qui n’était pas totalement fondé. Mais nous les joueurs avions en tout cas une bonne mentalité. On mouillait le maillot, en étant râleur dans le bon sens du terme. On voulait des résultats.» Ces résultats l’ASP les obtient sans terrain ou vestiaire digne de ce nom, ni douche ou WC. Seule une rangée de baraques militaires étroites leurs permet de se changer. Ce qui leur donne d’autant plus de mérite. Ce n’est pas encore l’époque de l’éponge magique mais il faut croire que la bouteille d’antésite de coach Fabre fait des miracles ! « Il fallait qu’elle dure toute l’année » se rappelle Michel Chaffi.

Fusion avec le Montpellier Littoral SC

« L’AS Paillade, à l’instar du grand quartier qu’elle représente, se doit d’être un grand club » déclare le président Tur au début des années 70. Mais dans sa quête de devenir un grand club dans le sens où il l’entend, c’est à dire structurer un bon encadrement des équipes jeunes, les dirigeants vont échouer. José Vicédo en convient de nos jours et en endosse la responsabilité. Beaucoup de parents de jeunes enlèvent leurs fils de la section foot quand ils voient « les artistes qui les encadrent.» Quand ce n’est pas un éducateur qui part pour un tournoi à Barcelone sans prévenir le président sauf au moment de lui présenter la note, c’est un autre qui achète un jeu de maillots tout en se payant un survêtement personnel. Le club n’a jamais pu structurer un encadrement sérieux de la section jeunes. Aussi quand au printemps 1974 Louis Nicollin téléphone à Tur et Vicédo pour évoquer une fusion de son équipe corporative avec l’ASP, ceux-ci se disent que c’est peut-être la chance de subvenir à leurs manquements d’alors. Le rendez-vous entre les trois personnages est pris à l’agence Midi-Libre de la Paillade. Carlo Llorens en est le responsable. Le journaliste sent qu’il y a quelque chose à faire dans ce quartier. Ce quelque chose que le Montpellier Littoral SC n’offre pas à Richter. Né en 70 d’une fusion avec le Sport Club, doyen des clubs montpelliérains (1908), le MLSC a coulé en quatre ans de la D2 à la DH et ne fait pas recette dans le froid stade de Richter qui n’a jamais remplacé celui du Pont Juvenal dans le cœur des supporters. Louis Nicollin, avec ses moyens et les très bons joueurs de son équipe de la Formation Sportive du Nettoiement, a les moyens de faire revivre le football de haut niveau à Montpellier. « La Paillade allait grossir et à Richter le football ne marchait pas. Là bas ils faisaient dix spectateurs et encore c’était les femmes des joueurs. Alors que nous, nous étions plutôt vers les 500 » déclare José Vicédo. Llorens sent qu’il faut se tourner vers ce nouveau creuset populaire de la Paillade pour raviver la flamme du football à Montpellier. Il incite donc Louis Nicollin à prendre contact avec les dirigeants de l’ASP. « La première chose que Nicollin nous dit c’est qu’il a des joueurs et de l’argent. On le laisse parler mais après on s’est dit qu’il allait venir avec ses éléments et que les nôtres ne pourraient plus jouer » affirme José Vicédo. La fusion ne se fait pas. Nicollin et son apport financier font un peu peur à vrai dire. « On était contre l’argent. En faisant sans, cela marchait. La preuve, beaucoup de joueurs nous rejoignaient. Nicollin a compris que notre but était de faire un club structuré et avec des gars pour nos équipes de jeunes. » Louis Nicollin s’en retourne alors vers le Montpellier Littoral SC du président Roger Prouget. Il y rentre comme dirigeant mais sans ses joueurs puisqu’on ne lui propose que le rôle d’organisateur des festivités… Déjà, il ne faut pas prendre Loulou pour un jambon. Peu de temps après, vers avril 74 les dirigeants du MLSC appellent l’ASP toujours pour une fusion qui selon leurs termes ne doit pas être identique à celle que laissait entrevoir Nicollin. « Ils ne venaient pas avec de l’argent et toutes leurs équipes mais ils apportaient l’encadrement pour nos jeunes. C’est ce qui nous manquait et nos joueurs ne seraient pas foutus dehors » toujours selon Vicédo. Pendant ce temps sur le terrain, l’ASP obtient la montée en Promotion d’Honneur A alors que le Montpellier Littoral SC ne brille pas en Division d’Honneur. Le 30 mai, les deux clubs mettent en place une équipe mixte qui élimine le Nettoiement aux penaltys en quart de finale de la Coupe Fontenoy. La fusion entre les deux équipes se fait officiellement le 1er juin sous le nom de Montpellier La Paillade Sport Club Littoral.

Nicollin à la rescousse

Alors que la nouvelle saison se profile, le président Tur donne sa démission par courrier du 9 juillet 74 à Roger Prouget, son vice-président au MPSCL. La raison : la mairie vient de lui refuser de mettre des panneaux publicitaires autour du stade de la Mosson et aussi du fait qu’il faillait qu’ils aillent jouer à Richter. La Paillade n’a toujours pas un terrain grillagé homologué. L’ASP avait uniquement pu jouer la saison précédente en PHB grâce à l’obtention d’une année de dérogation de la part de la FFF. A l’automne 74, le MPSCL se traîne en bas de classement du groupe Sud-est de DH. Toujours sous l’égide de Midi Libre, Louis Nicollin refait son apparition pour une tentative de fusion. La bonne cette fois. Son équipe corpo est dissoute et ses joueurs intègrent l’équipe de DH. Tur est proposé comme président lors de l’assemblée générale. Mais il refuse la charge. « Nicollin arrivé, ce n’était plus ce qu’on voulait. Mais ceci dit, c’est de lui que la ville avait besoin pour faire un club comme elle a eu par la suite. Il a eu beaucoup de mérite. Tout seul, nous serions restés au maximum en DH. A un moment donné il faut changer d’échelle. Nicollin, c’était l’opportunité » avoue Vicédo. Le 5 novembre 75 et à l’unanimité du comité directeur, Prouget et Nicollin prennent la tête du club alors renommé Montpellier la Paillade Sport Club. La majorité des joueurs qui étaient à l’origine à l’ASP sont désormais trentenaires. Peu d’entr’eux vont prendre part à l’aventure du MPSC. Exceptés Bertin et Condamine pour quelque temps.

A jamais « La Paillade » !

La suite on la connaît. On ne se lasse pas de la lire dans les livres d’histoire du club. Mais quelque part il est regrettable que les noms de tous les personnages ayant œuvré pour l’apparition du football dans le quartier n’y soient pas mentionnés. « Après la fusion on n’a plus existé. Personne ne s’est souvenu et quelques fois on l’a en travers de la gorge. Surtout pour M. Tur et sa femme qui se sont décarcassés. Peut être que Nicollin se souvient de nos noms mais avec le travail qu’il a, il a d’autres chats à fouetter. En tout cas, tous les anciens de l’ASP sont fiers de voir jusqu’où la Paillade est allée après nous » avoue aujourd’hui un José Vicédo quelque peu partagé entre amertume et satisfaction. Quant à la famille Tur, elle a assisté en voisine pendant encore quelques années à l’ascension fulgurante de cette Paillade « nicollinienne ». « On ne pouvait que les supporter ! Et en habitant à côté, on en a vu quelques matchs à la Mosson ! » avoue Jean Pierre Tur. Il demande à son père s’il reviendrait bien quarante ans en arrière, au commencement. « Oh que oui mais ça risque d’être juste ! » nous répond le vieil homme résidant aujourd’hui à Prades-Le-Lez. Tous les autres « Castors » ayant pris part aux six fabuleuses années de l’ASP ont également quitté petit à petit la Paillade dans les années 80. Pendant la même décade, en 1989, le club prend la dénomination de Montpellier Hérault SC, se détachant du nom du quartier. Aujourd’hui, celui-ci a aussi été remplacé dans les discours politiques ou sur les panneaux routiers par celui de « Mosson ». L’histoire retiendra malgré tout que dirigeants et joueurs de l’ASP ont été l’étincelle de la flamboyante histoire footballistique de notre club. Cette équipe qui restera pour toujours « La Paillade » dans le discours des nostalgiques.

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