You are Formi, Formi, Formici!

Nicolas Deltort (PORTRAIT football, ActuFoot34 – juil 2008)

Pdf article (photo N. Deltort)

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L’emblématique gardien champenois des années 1970 a fini sa carrière du côté de la Mosson. Dans l’euphorie ambiante qui entourait alors La Paillade, Guy Formici avait trouvé un club à la mesure de son caractère : mêlant tempérament de feu, convivialité et simplicité.

« J’ai toujours fait le choix de m’amuser et de profiter de la vie.» A 61 ans, Guy Formici n’est pas prêt de s’arrêter. Il vit en concubinage après avoir été marié mais n’a jamais eu d’enfant. « Avec mon ex-femme on préférait aller à droite et à gauche dès qu’on avait un moment de libre. C’était peut être égoïste mais on a fait ce choix de la vie facile. » A la Grande Motte, en polo, pantacourt, tongs et lunettes de soleil sur la tête, il prend visiblement toujours la vie du bon côté. Dans sa maison de type moderne avec piscine et palmiers, il a presque le look du jet-setter. Mais que les apparences ne trompent pas ceux qui ne le connaissent pas. Même si sa crêperie La Flambée, qu’il a tenue pendant 17 ans aux pieds des Pyramides, lui a assuré une reconversion réussie, Guy Formici ne flambe pas pour autant. « Je déteste les gens qui se prennent pour ce qu’il ne sont pas. », ajoute-t-il. Il est reconnu de tous comme quelqu’un ne s’étant jamais pris au sérieux.

« On dirait un gamin de 18 ans ! »

Le regard perçant et profond, le crâne rasé, baraqué… le personnage a par contre de quoi intimider. L’instant qu’un sourire illumine son visage saillant et qu’une ou deux boutades glissées dès les premiers échanges mettent à l’aise son interlocuteur. « J’aime bien déconner… » Pas une conversation sans qu’une plaisanterie ne fuse, le regard complice…Formici est un phénomène ! Et ce n’est pas la retraite qui va calmer ce « jeune » aux fourmis dans les pattes. « Je ne vois pas le temps passer ! », déclare t-il. Quand Formici n’est pas en bateau avec une bande de potes entre Cassis et Saint-Tropez, il prend sa mini-moto dax pour aller boire un café et lire L’Equipe en centre ville, à la salle de fitness ou au golf. Il parcourt les green deux à trois fois par semaine depuis qu’il a arrêté sa carrière sportive. « Autant j’étais gagneur, teigneux et chiant comme footballeur, autant je pratique vraiment le golf pour m’amuser. » S’amuser, toujours s’amuser. Tel est le crédo de l’ex-pailladin. Il y a quelques semaines, il était à Lloret del Mar avec des anciens du MHSC et du FC Sète pour disputer un tournoi avec six matchs en trois jours. « C’est surtout pour l’ambiance et faire de bonnes virées le soir jusqu’à 4h du matin. Avec les matchs à 9h, c’est là qu’on voit si les jeunes sont jeunes et si les vieux sont vieux ! », dit-il alors qu’arrive Stéphane Blondeau, un autre ex-joueur de la Paillade désormais ami et coéquipier de Guy Formici lors de ces fameux tournois. Interrogé sur son aîné, celui-ci déclare admiratif : « On dirait un gamin de 18 ans ! A un moment, il a fait une sortie à l’horizontale dans les pieds d’un adversaire . J’ai cru qu’il n’allait pas se relever et en fait c’est l’autre qui est resté au tapis ! » Toujours ce style de kamikaze qui le caractérisait à ses heures pros et qui lui a aussi valu de passer dix-sept fois sur le billard. Pour des fractures de la pommette, du crâne, les deux chevilles, les deux genoux… « J’y allais la tête en avant, que le terrain soit gelé ou même en béton ! »« Ça faisait loin le point de penalty ! Et heureusement que la règle de la passe en retrait n’existait pas sinon je les aurais mis en corner ! » Sorties dans les pieds, bon sur sa ligne, voilà quelles étaient les qualités principales du champenois. Son seul défaut, comme chez la plupart des gardiens français de cette génération là, était peut-être les sorties aériennes. , rigole l’ex-portier.

Football champagne !

Formici a commencé sa carrière à 17 ans comme stagiaire au FC Metz avant de jouer son premier match pro en 1967 peu de temps après l’arrivée d’un certain Carlo Molinari à la tête du club lorrain. « Un président extraordinaire et quasiment un second père pour moi », confie le gardien. Passé chez les voisins de l’ASNL en 1969, il y obtient la première des trois montées en D1 acquises au cours sa carrière. Mais il ne se plait pas à Marcel Picot et préfère jouer dans sa ville natale de Troyes où le gardien n’est autre que Marcel Artélésa. « C’est un peu pour lui que j’y suis allé », avoue Guy. Le jeune portier côtoie donc durant trois saisons le gardien de l’équipe de France qui a joué la Coupe du Monde 1966. Il reste pendant huit saisons dans la capitale de la Champagne, devenant une figure du football Troyen et accumulant des souvenirs mémorables. « On en a descendu des bouteilles de champagne ! Tous les matins il y en avait trois en jeu aux entraînements lors de séries de tirs au but et de jeux où il fallait toucher la transversale. On ne repartait pas sans boire une coupette… » Pas étonnant que Formici ait gardé de très bonnes attaches dans l’Aube. « Quand j’y monte, je suis invité de partout.» C’est surtout avec l’ancien président, Marc Eullafroy, qu’il est resté le plus lié. « On s’allume régulièrement et dernièrement on avait fait le pari de monter le Ventoux à vélo. Non seulement je n’étais pas entraîné mais en plus je l’ai fait en VTT ! »
Son tour des clubs de l’Est passe par une année à Reims où il fait équipe avec un certain Hugo Curioni. Mais le Stade dépose le bilan en fin de saison 78/79. L’argentin rejoint alors Montpellier. « On avait bien sympathisé et après son départ on s’appelait régulièrement. » Montpellier ayant un problème de gardien en cette saison 79/80, Curioni parle à Louis Nicollin de son ami et « en deux coups de cuillère à pot ce dernier est monté à Reims. On a discuté pendant cinq minutes, on s’est tapé dans la main et c’était fait », se rappelle Formici. Une autre époque… Où les déplacements se font en voiture. « Je me souviens d’un match à Toulouse sous la neige. Cela avait été tout un périple pour y aller et revenir ! » Cela n’empêche pas la Paillade de cette fin des années 70 de faire sensation en Coupe de France. Notamment lors de l’épopée de 1980 où Lens et surtout Saint-Etienne passent à la trappe. « La clique des Platini et Rep ne nous avait peut être pas pris très au sérieux…», glisse l’ex-gardien.

La mode des frisettes

Formici est le premier à passer chez le coiffeur. « J’avais pris un but à la con en 32e de finale face à Lens et j’avais dit que si on passait quand même ce tour, je me faisais friser. » Le président a suivi, puis Nouzaret, Mezy etc. « Si on était allé au Parc des Prince, je me serais rasé la tête. J’aurais été un peu en avance ! », plaisante Formici. Malheureusement, avec ses coéquipiers, il échoue aux portes de la finale. Il y avait cette année-là trois équipes de D2 en lice pour les demi-finales, dont le Paris FC que la Paillade avait écrasé 6-0 trois semaines auparavant en championnat. « Mais on a pris l’AS Monaco… Il y a eu la blessure de Mezy et pas mal de péripéties pouvant expliquer notre défaite face aux Monégasques. Mais surtout, on a géré ce match comme des cons ! A l’aller comme au retour. Car avec l’équipe qu’on avait on aurait dû la gagner cette coupe », peste l’ex-gardien. Montpellier perd 2-1 en Principauté mais mène 1-0 lors du retour à la Mosson. Et Michel Vautro refuse même un deuxième but pailladin. Pour un hors jeu sifflé alors que l’action ayant amené le but provenait d’un centre en retrait depuis la ligne de corner…« Cela a été le tournant du match. Qu’on le veuille ou non, la FFF voulait l’ASM en coupe de l’UEFA et pas une équipe de D2. C’est sûr et certain. Depuis, c’est oublié mais ça fait chier, surtout à cet âge là.» Nombreux sont les joueurs pailladins en fin de carrière et n’ayant pas gagné grand chose jusque-là. Formici témoigne aussi de l’effervescence dans laquelle vivait le club de quartier : « Toutes les semaines, on faisait des taureaux-piscine à droite et à gauche. C’était l’euphorie. Les supporters étaient à la Butte dès 14h et quand on était invité à des fêtes, on ne pouvait pas dire non. Quelque part on l’a payé physiquement contre Monaco.»
Ah cette demi-finale… La Paillade se rattrape avec une fête, sur le terrain cette fois, au terme de la saison 81/82, la montée en D1 à la clé. « Plus que la Coupe, c’est cette accession qui a le plus compté pour moi. On avait encaissé seulement quinze buts durant toute la saison ! » Parmi l’élite pour la première fois de son histoire, La Paillade connaît des lendemains qui déchantent et fait l’ascenseur. « Le club était très jeune et il y a eu des erreurs de recrutement. On aurait peut-être dû garder le même groupe en ajoutant deux ou trois joueurs. Au contraire on avait potentiellement deux équipes, mais deux équipes de D2… » Formici met alors un terme à sa carrière et repart chez lui pour monter un Bar Hôtel en centre ville de Troyes. Cependant il regrette vite le soleil Sud… « Je me suis dit :  » Putain quelle connerie j’ai faite ! Tu ne t’es pas fait chier durant 17 ans de carrière pour ça.  » Et je suis vite revenu ici. »
N’a t-il jamais été tenté par une carrière d’entraîneur ? « Non je n’avais pas le caractère pour. Quand j’ai arrêté, Louis Nicollin m’avait bien proposé de m’occuper des gardiens du club. Mais cela ne se faisait pas trop à l’époque. Maintenant il y a des adjoints ou des anciens pros à tous les niveaux des clubs alors qu’avant ces personnes-là étaient des bénévoles. De toute façon avec la génération de maintenant je me dis que je n’ai rien loupé ! » Au banc de touche, Formici a donc préféré les virées du côté de « Saint-Bart », du Brésil ou de la Thailande… « Et surtout, ce que je veux, c’est être avec une bande de copains ! »

REPÈRES :
Né le 25 mars 1947 à Troyes
1m80 – 80 kg
Carrière : Metz 1967/69 -Nancy 1969/70-Troyes1970/78 – Reims 1978/79 – Montpellier 1979/82
Faits d’arme : Trois montées de D2 en D1 avec Nancy, Troyes et Montpellier.
Copains dans le foot : Facilement deux équipes de foot en ne comptant que les très bons amis

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Une réponse à “You are Formi, Formi, Formici!

  1. Si mes souvenirs sont bons Marcel Artelesa était un fabuleux arriere mais pas un gardien de buts.

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