Hugo Curioni : “La Chaleur humaine compensait tout le reste”

Nicolas Deltort et Ramiro Garcia Botana (INTERVIEW football– ActuFoot34, N°35 –Août 2008)

Photo R.G. Botana

Photo R.G. Botana


Selon le président Louis Nicollin,avec le Colombien Carlos Valderrama, l’avant-centre argentin Hugo Curioni a été le meilleur joueur que La Paillade ait connu . Un personnage introverti, mais théâtral sur un terrain, et qui a laissé un souvenir impérissable à la fin des années 1970 du côté de la Mosson. Vivant depuis presque trente ans au cœur de la pampa argentine dans sa petite ville de Bell Ville, il a accepté un rendez-vous qu’Actufoot.34 lui avait donné dans un restaurant de Buenos Aires le 14 juillet dernier. Entretien.


Hugo, que devenez-vous ?

Je vis à Bell Ville dans la province de Córdoba, où je travaille au Palais de justice pour le parti radical alors que je suis peroniste. J’avais quitté le football et il me manquait une assurance maladie pour ma femme qui a des problèmes de santé et aussi une retraite pour le futur. Je n’aime pourtant pas la politique, mais aujourd’hui, grâce à Dieu, je travaille pour les radicaux. Je me suis ainsi détaché du football il y a seize ans.

Suivez-vous toujours le football ?

Je ne vais pas au stade ou pas souvent. On continue de m’inviter mais me taper 600 kilomètres en un jour pour voir un match… Je le regarde tranquillement à la télé, surtout le National B argentin (ligue 2 – NDLR). Tous les jeudis et lundis, je suis solidement installé devant ma télévision. Avec tous les Argentins qui sont transférés à l’étranger, c’est qu’on ne doit pas être des manches et je me demande pourquoi on n’est pas capable de jouer un meilleur football. Je ne dis pas que les joueurs sont mauvais, mais qu’il faut par exemple être très fort pour faire un petit pont, car cela doit se faire à un rythme trop rapide. Ici on court beaucoup et c’est très physique.

Pouvez-vous nous raconter vos débuts dans le foot ?

Comme tout gamin et encore plus à mon époque, notre seul jouet était un ballon et il y avait des petits terrains de partout pour y taper dedans toute la journée. C’est ce qui manque aujourd’hui. C’était football, football et football. Toutes les conditions étaient réunies pour avoir la chance de devenir « goleador ». Être un « 9 » et toujours marquer des buts. C’est à l’âge de dix-sept ans que je suis arrivé à Instituto de Córdoba où ma vie de footballeur a changé. J’ai eu la chance d’inscrire quarante-six buts en deux ans. A l’époque, il n’y avait pas de championnat national, on disputait la Liga Cordobesa avec d’autres très bonnes équipes de Córdoba comme Talleres, Racing et Belgrano.

Et le plus grand club d’Argentine est venu vous chercher…

Oui. Il se racontait dans le pays qu’il y avait un « 9 » qui marquait beaucoup de buts et cela a éveillé l’intérêt de Boca Juniors. Au début, je devais signer à Independiente, puis River Plate s’est positionné suivi par Boca. Moi, à Bell Ville j’écoutais les nouvelles à la radio… Finalement, mon transfert s’est fait quand on a joué un match amical contre Boca à Córdoba. J’ai seulement joué vingt minutes car Blanco m’a envoyé à l’hôpital. Tout le monde croyait qu’il m’avait tout cassé, mais finalement ce n’était qu’un coup. Quand je suis revenu au stade, le match était déjà fini et mon président me dit : « Hugo, Boca vient de t’acheter. » Je pensais que c’était des conneries, mais le grand Alfredo Di Stefano, qui était le coach de Boca, avait ordonné à son président d’acheter « ce 9 d’Instituto ».

A Boca, vous avez été un buteur adulé…

Oui, mais cela n’a pas été facile d’y faire mon trou. J’ai gagné ma place dans les dix dernières journées de 1970 quand on a fini champion. Un jour, j’ai dit à l’entraîneur : « Ecoute, maestro, je vais rentrer chez moi. Je marque deux buts à chaque entraînement et je ne joue pas. C’est quoi le problème ? » Et lui me répond : « Non, cordobés, je pensais juste que tu n’avais pas les couilles de me demander ça. » Et à partir de là, il m’a mis titulaire le dimanche suivant et je ne suis plus jamais ressorti de l’équipe. J’ai mis 68 buts en 126 matchs, c’est pas mal comme moyenne non (rires) ?

Comment s’est passé votre transfert à Nantes ?

Je venais de mettre quatre buts à Malaga lors d’un match amical. Quand on est retourné en Argentine, j’ai dit au président : « Maintenant, tu me vends ! » Cela ne lui a pas plu, mais après avoir connu l’Espagne lors de notre tournée, je me suis rendu compte de ce qu’était le monde et que moi et ma famille ne pourrions continuer à le découvrir qu’à travers le football.

A Nantes, c’était déjà un peu la mode des joueurs argentins à l’époque…

Ils cherchaient un « 9 » et c’est Ángel Marcos qui leur avait parlé de la quantité de buts que j’avais mis avec Boca. J’ai aussi une anecdote. On avait demandé à Hugo Bargas, lui aussi un compatriote jouant à Nantes à cette époque, quel type de joueur et de personnage j’étais. Il leur a répondu que j’étais un buteur de première classe, mais qu’en dehors du terrain, il ne savait pas pourquoi, je ne disais jamais bonjour à personne. J’étais un mec qui ne saluait personne effectivement.

Pourquoi ça ?

J’étais très introverti et j’aimais plutôt écouter les gens. J’essayais de marquer des buts et de parler sur le terrain, pas plus. Je n’ai jamais beaucoup parlé, mais les gens qui me connaissent disent qu’aujourd’hui je parle pour tout ce que je n’ai pas dit quand j’étais jeune.

Après seulement six petits mois passés à Nantes, où vous aviez quand même réussi à finir meilleur buteur du club, vous partez à Metz…

Je ne voulais pas aller Metz, mais j’ai accepté leur offre car nous étions six étrangers pour seulement trois places à Nantes. C’était une lutte constante entre nous. Mes amis pensaient que je faisais une erreur en allant dans l’Est où il faisait si froid et dans un club de milieu de tableau, mais grâce à Dieu j’y suis allé et on était l’équipe la plus prolifique du championnat. On a même failli gagner la Coupe de France.

On vous appelait « les artilleurs de Metz »…

Oui, on formait un sacré duo avec Nico Braun et c’est là-bas qu’ils chantaient le plus « Hugo ! Hugo ! ».

Comment expliquez-vous votre réussite avec Metz ?

Le plus important a été que je me sentais à l’aise. J’adorais la vie dans ce pays, car la supposée froideur française et ma façon d’être allaient parfaitement ensemble. On venait me demander des autographes en me disant « s’il vous plaît », avec beaucoup d’éducation et de respect. Cela me surprenait beaucoup, mais dans le bon sens car c’était aussi ma façon d’être.

Comment s’est fait votre transfert à Montpellier en 1978 après un passage à Troyes ?

Mon contrat avec Troyes se terminait et tout était quasiment arrangé pour j’aille à Malaga. Mais, c’est alors qu’est apparu « el Señor » Nicollin…

Quelle a été la stratégie du président montpelliérain pour vous séduire ?

Pour moi, Louis Nicollin est la meilleure personne que j’ai connue en France. Un homme de parole. Un jour, il m’a appelé pour me dire: « Je veux que tu viennes à Montpellier ». Je lui ai répondu « Non » et basta. Le problème n’était pas l’argent, mais le fait que je cherchais plutôt un changement d’air dans un autre numéro. J’ai alors parlé avec le président de Nantes qui m’a dit que Nicollin était une grande personne et que cela serait bien que je lui réponde. On a donc parlé ensemble dans un hôtel de Paris et vingt minutes ont suffi pour se mettre d’accord. La façon d’être de Nicollin, si humble pour un homme qui devait avoir une fortune monstrueuse, m’a convaincu. Il m’a invité une semaine à Montpellier pour que je visite la ville, que je vois comment étaient les gens et il m’a demandé de ne pas rire quand je verrais le stade (rires) !

Le stade de la Mosson était petit à cette époque, mais réputé pour sa chaleur humaine…

Oui et cela me rappelait l’époque de mes débuts dans le foot. Un stade avec des tribunes en bois qui était toujours plein, où on pouvait sentir la chaleur des gens qui nous poussaient avec toute leur ferveur. Et quand on avait terminé les matchs, on allait manger tous ensemble chez l’entraîneur avec nos familles. La chaleur humaine de Montpellier a toujours été le meilleur. Cela compensait pour tout le reste. Là-bas, c’était différent de Boca où tout t’étais servi sur un plateau. A Montpellier, on te donnait un sac avec des affaires et tu te démerdais pour les laver chez toi.

Quels autres souvenirs gardez-vous de La Paillade ?

Cela a été l’endroit où je me suis senti le plus à l’aise durant ma carrière. Ma femme aimait beaucoup l’ambiance qu’il y avait. Cela a été les deux plus belles années que j’ai passées. Pour l’union qui existait dans ce club qui était une grande famille. On voyageait cinq ou six cents kilomètres en voiture pour aller jouer des matchs. Un dirigeant au volant et trois joueurs sur la banquette arrière. C’était comme retrouver la vie footballistique du monde amateur, mais dans le monde professionnel. Quelque chose qui m’a rapproché de mes racines, de ce que j’avais vécu dans mon village natal en Argentine. Par la suite, ils ont fait un stade fabuleux à Montpellier, quelque chose d’incroyable. Lors de l’anniversaire du club, en le voyant, ma femme s’est exclamée : « Tula, c’est quelque chose de merveilleux ». Il y avait même des loges avec télévision, tout était de luxe.

Parlez-nous de votre première saison au club…

Il y avait un jeune entraîneur, Robert Nouzaret, l’équipe venait de monter de la 3e à la 2e division et il avait encore l’ambition de gravir un échelon. Cela ne s’est pas fait, mais on était dans le coup jusqu’au bout. Une équipe de feu avait été montée, car en plus de moi, le club avait fait venir des joueurs comme Sarramagna ou Formici. L’année suivante, le « Prési » avait encore fait venir des joueurs de qualité comme Michel Mézy et il m’a dit : « Hugo, cette année, on est champion ! ». Il y avait des joueurs ayant connu l’équipe de France et c’était la révolution en ville. Mais c’est alors que j’ai eu le « blues ». Cela faisait cinq ans que je n’avais plus vu l’Argentine qui me manquait énormément.

Est-ce pour cela que vous êtes parti au cours de votre deuxième saison au club ?

Oui. Après que deux familles d’amis de Buenos Aires soient venu nous rendre visite en France. Nos conversations durant Noël m’avaient donné la nostalgie. J’ai alors dit à ma femme : « On rentre ». J’ai pris la décision et j’ai dit au Président : « Je suis fatigué, je rentre chez moi ». Lui me disait de prendre une semaine pour aller me changer les idées du côté de Metz. Je ne voulais pas décevoir des gens qui m’avaient donné tant d’affection, mais ma décision était quasiment prise. C’est pour ça que je suis resté jusqu’à mi-championnat mais le dernier mois, cela n’allait pas très bien avec Nouzaret avec qui c’était tendu. Aujourd’hui on est de grands amis, mais à l’époque c’était ma faute.

Comment ça ?

Le coach me disait que je devais être au top et que je ne pouvais pas lâcher car j’étais la figure de l’équipe. Que si j’allais bien, l’équipe irait bien aussi. Les gens plaçaient beaucoup d’espérance en moi, mais dans ma tête, je me préparais à partir. Je me rendais compte que je ne remplissais pas mes obligations en n’étant pas mentalement à 100% et cela ne rendait pas service à l’équipe. J’ai une coupure du journal du lendemain de mon départ et le président disait : « Hugo est parti, on ne montera pas ». Effectivement l’équipe n’a pas obtenu l’ascension. Cela aurait été tellement beau de vivre ça…

Lors d’un match de Coupe de France face à Avignon, qu’avez-vous fait ou dit à Laraignée, un joueur argentin adverse, pour qu’il finisse par se battre contre toute l’équipe de Montpellier?

Ce qui s’est passé lors de ce match fait partie de ce qu’on appelle « les choses du football ». Je ne me rappelle plus très bien ce qu’on s’est dit, mais c’est sûr qu’il y a eu quelque chose de déplacé. Comme le match était déjà bouillant, le résultat a été que toute l’équipe a fini par lui courir après alors que lui était déjà à mes trousses aux quatre coins de la Mosson. Depuis l’époque où on se croisait dans les Boca-River, j’ai toujours eu une rivalité saine avec Laraignée. Aujourd’hui, on se croise parfois et on se salue comme si rien ne s’était passé.

Lors d’un autre match où vous étiez remplaçant, le coach vous demande de vous échauffer, mais c’est le soigneur qui a dû venir vous déshabiller comme un môme de maternelle …

C’était quand j’ai commençais à moins avoir l’envie de m’entraîner car je n’avais plus la même motivation. Je pensais plus à retourner en Argentine qu’à autre chose. Ce jour-là, le coach m’a envoyé sur le banc sans me dire quoique ce soit. J’ai accepté sa décision. Mais quand il m’a demandé de rentrer alors qu’il ne restait plus que dix minutes de jeu en me disant « Hugo, prépares-toi ! », je lui ai répondu « Non ! Je ne rentre pas, cela ne sert plus à rien. » C’est alors que le soigneur est venu en me demandant que je rentre au moins pour les spectateurs. Il a commencé à m’aider et je suis rentré…

Dans les tribunes, avant chaque match, le public scandait votre nom. Comment expliquez-vous le fait de vous être converti en l’idole des supporters de La Paillade en si peu de temps ?

Ils avaient tellement confiance en « l’Argentin », qu’ils pensaient qu’un seul joueur pouvait gagner un match. Quand je rentrais sur le terrain, à l’intérieur de moi-même je me disais : « Je suis le meilleur. » Je me préparais ainsi mentalement car la confiance est fondamentale pour le « 9 », mais je n’ai jamais prétendu que j’étais le meilleur devant les médias. Peut-être que les gens percevaient mon attitude et cela leur donnait aussi confiance en moi.

Que diriez-vous aux autres qui disaient de vous : « C’est un fainéant, il ne court pas » ?

Je ne sais pas pourquoi ils disaient ça, j’étais pourtant très rapide (rires). C’est possible que je sois devenu un peu fainéant, mais quand je devais être là, j’étais là ! Je n’étais pas un joueur de surface, je jouais plutôt sur les côtés car j’avais un très bon pied gauche avec lequel j’ai mis énormément de buts, tout en étant droitier. J’allais toujours sur le côté gauche et je repiquais au centre pour avoir tout le but devant moi.

La dernière fois qu’on vous a vu du côté de la Mosson, c’était pour les 30 ans du club en 2004…

J’étais chez moi avec ma femme quand Alberto Márcico me téléphone pour me dire que Montpellier voulait que j’aille à une fête du club. J’ai dit à ma femme « On n’y va pas ! » Je n’avais pas envie d’organiser ce voyage, c’était trop compliqué. J’ai appelé Montpellier, mais ils voulaient que nous venions coûte que coûte. Ma femme a alors tout arrangé. Le problème c’était que je n’avais pas de passeport et il fallait attendre trois mois pour l’obtenir. Quelques jours avant la fête, on m’a appelé pour me dire qu’on m’attendait au palais présidentiel pour tout solutionner.

Comment avez-vous vécu ces retrouvailles ?

Ce voyage est passé comme un éclair, dans le style bien français (sic). Tout était organisé jusqu’au moindre détail. Cela fut un privilège pour moi, un de ces souvenirs qu’on garde précieusement pour toujours. Il y avait Valderrama, Roger Milla, Laurent Blanc, Eric Cantona, tous ces joueurs énormes qui étaient passés par Montpellier sans que je ne le sache. On me les a tous présentés.

Louis Nicollin en a pleuré en vous revoyant…

Quand on est arrivé en France, on est allé à la maison de Nicollin. Et quand j’ai vu « el gordo Lulú » il a commencé à pleurer et moi aussi. J’ai pu voir toute la joie que lui, autant que son épouse, avaient. Et je me suis rempli d’émotion. On était trente chez le Président et au moment du repas, il me dit : « Hugo, toi tu te mets ici ». Il y avait des tables de huit. Et lui voulait que je sois à la sienne. Il était assis entre moi et ma femme Adel et il a dit : « Lui, cela a été le premier grand joueur que j’ai fait signer.» J’étais un peu un invité d’honneur. Il y avait aussi Milla et Valderrama à notre table. José Luis Villareal, un autre joueur córdobés qui est passé par Montpellier, me disait : « Qu’est-ce que tu leur a fait ici ? C’est pas croyable l’affection que le président a pour toi ! ».

Etes-vous toujours en contact avec des gens du MHSC ?

Oui, j’envoie constamment des faxs à Loulou pour savoir comment il va. Comme « Villa » (José Luis Villareal – NDLR) a une école de jeunes joueurs en Argentine et qu’il a un contrat avec le MHSC, il me dit toujours « Loulou te passe le bonjour et demande de quoi as-tu besoin. »

N’avez-vous jamais été sollicité vous-même pour la détection de jeunes talents en Argentine ?

Un fois, le club m’a appelé en me disant que leur numéro 10 s’était blessé et pour savoir si je pouvais leur amener un joueur dont je leur avais déjà parlé. Il s’appelait Marcelo Santoni et jouait dans l’équipe d’Alumni de Villa Maria que j’entraînais. J’avais tout organisé et je lui avais dit : « Prépare toi bien pour qu’en juin, je t’amène en France. Il faut que tu sois à 100% ». Il avait 20 ans et ne m’a pas écouté. On avait passé quinze jour à s’entraîneur avec l’équipe de Montpellier et tout. Une des plus mauvaises équipes de Montpellier que j’ai vu, le président me disait d’ailleurs « Hugo, à 50 ans tu pourrais encore jouer. » Le gamin voyait les autres arriver en Mercedes, il était ébloui. Je lui disais que ça, c’était le foot qui rendait cela possible. Mais Marcelo apparaissait paralysé, il ne réussissait rien. A la fin, j’ai lui dit qu’on aurait dit qu’il n’avait jamais joué au foot de sa vie. Pour moi, il ne s’était ni préparé physiquement, ni psychologiquement. Si j’avais pu le laisser six mois, je suis sûr qu’il aurait prouvé sa valeur. Techniquement, il était supérieur. J’avais une foi énorme en lui et depuis ce jour-là, j’ai perdu l’illusion d’amener un gamin à Montpellier. Même si le club m’a dit d’appeler si j’avais quelque chose. Hélas, il n’y a rien qui en vaille la peine. Je ne veux pas gagner quelques pesos sur le dos de gens qui m’ont tant donné en leur proposant un joueur qui ne me satisfait pas, ni comme personne, ni comme joueur.

De quoi êtes-vous le plus fier concernant votre carrière ?

Si je devais naître de nouveau et décider de quelle équipe je porterais les couleurs, je choisirais Boca avant tout autre club. Avoir joué pour ce club est ce dont je suis le plus fier. En plus d’être supporter de River, l’équipe ennemie, j’ai pu être un joueur important de Boca et laisser mon empreinte.

Il se dit que vous avez vécu des moments difficiles après la fin de votre carrière…Oui. Parce qu’on ne sait rien faire en dehors du football et on est incapable de faire affaire. Par chance, j’ai pu acheter une maison avec un grand terrain et ma situation a été en s’améliorant avec le temps. Grâce au peu que je gagnais au club de foot de ma ville et avec l’aide de ma femme qui a un commerce. Pourtant, durant les premiers temps, c’était juste une question de décrocher le téléphone pour demander à Loulou s’il n’avait pas un job à m’offrir, même que ce soit pour balayer les tribunes. Mais depuis que j’ai obtenu mon travail actuel, je ne pense plus à retourner à Montpellier. Mes enfants sont grands et l’arrivée de mes petits-enfants m’a enraciné à ma terre. Je veux partager ma vie avec eux.

Des regrets ?

Peut-être ma façon d’être. Elle m’a privé de quelques bonnes opportunités. Mais si j’ai été comme j’ai été et que je suis arrivé là où je suis arrivé, pourquoi changerais-je quelque chose. Je suis satisfait de mon parcours. J’admets que j’ai pété quelques fois les plombs, comme quand j’ai sauté le grillage du stade de Metz pour aller attraper un supporter par le col. On était en train de faire match nul 0-0 et on loupait des buts. Mais à dix minutes de la fin, je marque et le type continuait d’insulter l’équipe. Une autre fois, durant le clásico contre Nancy, Platini d’un côté et moi de l’autre et alors qu’on gagnait 2-0, le coach a voulu me sortir. J’ai alors enlevé mon maillot pour le jetter par terre. C’est uniquement pour ce genre de choses que j’ai des regrets. Aujourd’hui, quand on m’invite dans les peñas de Boca où il y a 700 personnes qui m’applaudissent et chantent mon nom, ça me donne une immense joie. C’est le foot qui a rendu cela possible et grâce à Dieu, je n’ai jamais eu de problème avec qui que ce soit. Où que j’aille, que ce soit dans les petits clubs où j’ai commencé quand j’avais six ou sept ans, Cordoba, Boca ou en France, les portes me sont toujours grandes ouvertes et cela veut dire beaucoup.

photo R.G. Botana

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Une réponse à “Hugo Curioni : “La Chaleur humaine compensait tout le reste”

  1. merci pour ce retour en arriere cetait vraiment un tres grand joueur que j ais bien connu personnellement merci encore francis

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