Maradona dans la peau

Nicolas Deltort (EDITO – Actufoot34 N° 41, février 2009)

Tatoo de Diego A.M. dans le dos d'un supporter de Boca Juniors (Buenos Aires, 2005) - photo Nicolas Deltort

Tatoo de Diego A.M. dans le dos d'un supporter de Boca Juniors (Buenos Aires, 2005) - photo Nicolas Deltort

Le Brésil a eu Pelé, le roi du football. La France, Platini et Zidane. Pourtant, un seul Dieu du ballon rond possède la capacité de réveiller la passion de ses disciples à travers les époques. D10S existe, il est argentin et s’appelle Diego Armando Maradona. Son but du siècle marqué il y a 26 ans en Coupe du Monde face aux Anglais, autant que toutes ses frasques hors du terrain, ont contribué à sa légende.


D10S est éternel. Il a même échappé à la mort en 2004 quand son cœur faillit lâcher et briser celui de ses compatriotes. Maradona fait partie de la sainte trinité de l’Argentine, au même titre que Gardel et Evita. Il est le père d’une nation à laquelle nombre d’entre nous ne se seraient peut être jamais intéressée si cet icône populaire du peuple gaucho n’avait tapé dans un ballon rond, le plus populaire des sports de la planète.

« Ho visto Maradona, Ho visto Maradona…” J’ai vu Maradona, dit la chanson des supporters de l’équipe de Naples où joua El Diez dans les années 1980. Voir Maradona, c’est l’avoir dans la peau pour le reste de la vie. Quel autre joueur de la planète peut se targuer d’avoir autant d’admirateurs arborant fièrement un tatou de leur idole sur la poitrine, l’épaule ou le bras ? Un jour, Lucho Gonzales (le milieu de terrain de la sélection argentine qui affronte la France en match amical ce soir* au stade Vélodrome) a décidé d’immortaliser son sélectionneur sur son mollet gauche. Le joueur de Porto joue le plus souvent chaussettes baissées. Le Montpelliérain Tino Costa a le nom de Maradona tatoué sur le dos… Auriez-vous fait de même avec Zidane ou Platini ?

A Marseille, les supporters de l’OM vouent un culte immodéré au football argentin et au monde des tribunes gaucho, leur modèle en matière de ferveur populaire. Pas un match ne se déroule sans que le groupe des South Winners ne sorte sont immense drapeau albiceleste, ou qu’il n’entonne le célèbre « Vamo, vamo Argentina ». Parfois, il dédie une chanson à la gloire de… Maradona. Alors quand la sélection argentine s’apprête à venir joueur à Marseille, et Diego à fouler la pelouse d’un stade qu’il a failli connaître sous les couleurs de l’OM en 1991, c’est tout l’hexagone qui entre en ébullition. Diego à Marseille : enfin ! Quel média spécialisé dans le foot n’y est-il pas allé de son « Spécial Maradona » ? Actufoot34 ne pouvait y échapper tant les footballeurs amateurs du département seront nombreux à se joindre aux 60 000 spectateurs du Vélodrome. Dimanche dernier, derrière les grillages du terrain bosselé du FC Nébian pour un match de district, la venue de Maradona à Marseille était ainsi sur toutes les lèvres.

Ceux qui sont nés à la fin des années 1970 ont grandit en même temps que la bande à « Platoche ». S’éveillant au football, un soir de 1982, en voyant son père ou son oncle danser sur la table du salon après que Giresse ait inscrit un troisième but au « boucher de Séville » – le gardien allemand Harald Schumacher. La France devait aller en finale de la Coupe du Monde. Le destin en voulu autrement, mais à partir de ce soir là,  pour vous et votre grand mère : Platini, c’était le meilleur!  Alors quand en 1984 vous lisez dans le magazine Mondial que « Le plus grand joueur du monde a signé à Naples pour 80 millions de francs », vous vous demandez : « Mais, le plus fort, c’est pas Platini ? » Vous tournez alors le bouton de la télévision comme tous les dimanches matins après être rentré en courant de la Messe pour ne pas louper une miette de Téléfoot. Nous sommes toujours en 1984, Maradona fait son entrée dans un stade San Paolo en folie lors de sa présentation au public de Naples. Qui est donc ce chevelu en jogging et t-shirt bleu ciel ? Il ne peut pas être meilleur que notre Platini ! Si. Après avoir lâché son micro, l’Argentin prend un ballon et l’envoi de toutes ses forces dans le ciel napolitain. Là, vous avez compris. Avec Diego Armando Maradona, même un dégagement dans les tribunes est magnifique… Hasta siempre Diego.

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