Pitau, c’est du propre !

Nicolas Deltort (FOOT Zoom MHSC, ActuSport34 – oct 2009)

Romain Pitau lors de son premier match avec le MHSC en août dernier face au PSG (photo N. Deltort)

Romain Pitau lors de son premier match avec le MHSC en août dernier face au PSG (photo N. Deltort)

Certains brillent sous les feux de la rampe, comme Spahic ou Costa, d’autres sont des travailleurs de l’ombre.  Le milieu de terrain Romain Pitau rentre dans cette dernière catégorie. Le MHSC a fait bonne pioche en récupérant le natif de Douai, laissé libre à l’intersaison par le FC Sochaux. Et si le jeu pailladin est aussi plaisant à regarder depuis le début de saison, il le doit aussi à sa « machine à laver », comme René Girard surnomme l’ex Lionceaux.


« Quand Romain gueule pour que tu te replaces, tu ne peux pas ne pas l’écouter. Il a quand même plusieurs centaines de matchs de Ligue 1 au compteur. C’est lui qui nous fait avancer, nous qui n’avions pas connu ce niveau auparavant. » Le commentaire vient de Tino Costa, le coéquipier de Romain Pitau dans l’entrejeu du MHSC. Si l’Argentin, ainsi que Joris Marveaux, confirment tout le talent qu’ils avaient démontré la saison passée en Ligue 2, c’est aussi parce qu’ils ont un joueur taillé Ligue 1 un peu plus en retrait qu’eux dans le dispositif tactique pailladin.

Pitau, c’est 228 matchs d’élite nationale à lui tout seul, un titre de champion de France avec Lens, où il a été formé, et une Coupe de France remportée avec Sochaux en 2007 face à l’OM. Pas rien. Une aubaine pour les dirigeants montpelliérains qui cherchaient des joueurs d’expérience à l’intersaison pour apporter de la maturité à un groupe somme toute assez jeune. Romain cadrait également parfaitement avec l’état d’esprit irréprochable que René Girard souhaitait chez ses recrues. Tino confirme : « C’est un super mec, agréable à vire. »

« L’état d’esprit, ça s’entretient »

Les Sochaliens le regrettent déjà, comme en témoigne certains messages sur le site internet des anciens du FCSM : « Romain, Sochaux ne t’oublie, tu a laissé l’image d’un mec sympa, accessible, qui n’a pas la grosse tête et dans le foot, c’est rare ! Merci d’avoir mis une branlée au FCSM en août dernier, j’espère que tu as eu une petite pensée revancharde pour la direction sochalienne. »

Laissé libre par ses dirigeants en juin dernier après quatre ans de bons et loyaux services au stade Bonal, Romain n’est pas amer envers ses anciens patrons : « À partir du moment où ils m’ont fait savoir qu’ils ne voulaient pas reconduire les joueurs les plus âgés et qu’ils se baseraient sur le centre de formation concernant leur projet sur les cinq ans à venir, il n’y a aucun souci. »

À 32 ans, Pitau a donc embrassé la destinée d’une Paillade afin de retour en Ligue 1. Enchanté d’y retrouver un état d’esprit à son image. « Certes il y avait une qualité intéressante chez les joueurs avant mon arrivée, mais en plus, on a bénéficié de la dynamique de la montée et de l’effet de surprise. L’état d’esprit y est pour beaucoup, ça s’entretient et c’est sur lui qu’il faut s’appuyer tout le long du championnat. » Pitau, l’expérimenté, connaît la recette.

Il ne manque d’ailleurs pas d’entretenir la bonne ambiance qui règne actuellement dans le vestiaire montpelliérain. Tout en discrétion… « Il chambre beaucoup, mais toujours par derrière, c’est tout le temps de la faute des autres ! », rigole Tino Costa. Romain s’est fondu sans peine dans le collectif héraultais, et se réjouit d’une  mentalité sudiste qu’il avait déjà connue à l’OGC Nice de 2001 à 2004. L’époque d’une équipe de jeunes Aiglons insouciants et d’une génération faisant les quatre cents coups. « Notre équipe me rappelle un peu mon passage du côté du stade du Ray, avec une ambiance qui a facilité l’intégration des nouveaux dans l’effectif. »

Garant de l’équilibre dans le jeu

Pour autant, la bonne vie d’un groupe ne garantie pas les bons résultats sur le terrain. Aussi, d’entrée de match face au PSG lors de la première journée de la saison, le jeu de Montpellier est apparu chatoyant et fluide. Avec un Pitau alternant le jeu court et les renversements de jeu ou les temporisations. Bien jouer au football, c’est aussi jouer simple, ce que fait Romain. Sans talonnade ou autres grigris qui ne sont pas sa marque de fabrique. On lui prête davantage le surnom de « Monsieur propre », le joueur qui donne au jeu tout son sens. « C’est vrai qu’on me colle cette étiquette, et ça me va. Je touche pas mal de ballons et j’essaye de les utiliser le plus efficacement possible. »

Romain sait qu’il doit également veiller à ce que l’équipe ne se laisse pas bercer par l’euphorie de son jeu. « Il faut trouver un équilibre. C’est là que je dois assumer mon rôle de lien entre la défense et l’attaque, avec Tino et Joris davantage préposés aux tâches offensives. » Il pense que le meilleur gage de réussite du MHSC reste sa solidité défensive. L’atout sur lequel « il faut continuer de s’appuyer ». Il n’oublie pas au passage de souligner l’importance de tous les joueurs dans le bloc défensif de René Girard. « Ce n’est pas seulement l’affaire des milieux et des défenseurs. Les attaquants font aussi le boulot. »

Pitau ne tirera jamais la couverture à lui. Jean, baskets blanches, polo, il finit son eau gazeuse puis quitte le centre d’entraînement comme il est arrivé. Sans faire de vague, mais n’étant pas moins une des pierres importantes à l’édifice montpelliérain.

Repères :
Age : 32 ans
Poste : milieu
Taille : 1m78 Poids : 71 kg
Parcours : MHSC, Sochaux, Nice, Créteil, Lens
Faits d’arme : Coupe de France 2007 (Sochaux), Champion de France 1998 (Lens)

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