Narbonne, du jeu et des tripes !

RUGBY (SPORTMAG N°18, janvier 2010)

© N. Deltort

Le RCNM renaît à la vie cette saison. Les Orange et Noir séduisent par leur jeu et leur générosité. Leaders de Pro D2 à la 7e journée de championnat, les Narbonnais ont depuis rétrogradé de quelques rangs. Ils ont surtout retrouvé une marque de fabrique qui en a fait, durant un centenaire, une vitrine de l’ovalie tricolore.

Narbonne en est à sa troisième saison de purgatoire. Mais le TOP14 ne semble plus un rêve hors de portée comme c’était le cas lors des deux derniers exercices où l’équipe a terminé  13e du Pro D2.

L’objectif avoué de reconstruction, entamé la saison passée pour amener les Narbonnais dans les cinq premiers du championnat en deux ans, était encore à l’ordre du jour en août dernier lors de la reprise du Pro D2 2009/10. Et leur superbe début de championnat laisse à penser qu’ils pourraient brûler les étapes d’un renouveau d’ores et déjà sur les bons rails. « Les deux dernières saisons ont été catastrophiques. Mais désormais, l’équipe est revenue à un rugby simple avec du mouvement qui a toujours été le jeu à la Narbonnaise », déclarait Laurent, un fervent supporter rencontré sur le parvis du stade du Parc des Sports avant la réception du leader agenais début décembre. « On attendait ça depuis trois ans ! Et si on bat Agen aujourd’hui, ils n’ont pas leur première place assurée en fin de saison ! » Les supporters audois se laissent griser. Il est vrai que le jeu de leur équipe a de quoi enthousiasmer les foules !

Un seul crédo : le jeu

Un jeu de mouvement prôné depuis l’an passé par Ferrero, le manager du club, et symbolisé par l’entraîneur des arrières narbonnais, Arlettaz (2e saison à la tête de l’équipe), qui ne veut pas d’un jeu restrictif. Cet ancien de la maison, trois-quart centre également passé par l’USAP et le MHR, laisse en effet libre cours au jeu de contre-attaque et carte blanche aux joueurs pour faire vivre le ballon

Mais on a beau séduire, encore faut-il gagner dans un Pro D2 davantage porté sur le rugby « gagne terrain ». Les Narbonnais ont prouvé qu’ils savent allier l’utile à l’agréable : à l’extérieur, plusieurs fois, comme à Dax lors d’un premier match référence cette saison (3-17), et surtout à domicile face à Agen (22-16) le 6 décembre dernier, au terme d’une rencontre au rythme diabolique et d’une victoire faite de jeu et d’un énorme cœur à l’ouvrage « C’est comme ça qu’on se construit depuis un an, avec du jeu et des tripes », se réjouissait Arlettaz à l’issue d’une 13e journée (ayant prouvé) prouvant que le RCNM avait la carrure pour entrevoir des lendemains qui chantent. « On attendait ce match face à Agen pour se situer. Si on rend encore des copies comme ça, on ne peut que grandir », commentait le président Joël Carrère après le match héroïque de ses joueurs face à l’ogre lot-et-garonnais. Avant de tempérer : «  Mais la plus grande difficulté, c’est le long terme… »

Recrutement intelligent

Et pour que le bon état de santé du club s’inscrive sur la durée, les dirigeants ont d’abord misé sur jeunes joueurs du cru. L’an passé, pas moins de huit éléments de la génération 1986 issus du centre de formation audois ont régulièrement évolué en Pro D2. Ils n’ont pas démérité et, surtout, ils ont pris du métier. Il fallait cependant recruter intelligent à l’intersaison pour amener la plus-value nécessaire. « Les recrues nous ont fait franchir un palier, notamment en terme de densité physique, ce qui nous manquait la saison passée. Cela nous permet d’avoir un jeu plus complet », constate Buada, l’expérimenté demi de mêlée. Les dirigeants ont ainsi fait bonne pioche en choisissant des joueurs grand format, notamment en 2e et 3e lignes. Ce qui a permis au jeu narbonnais de s’exprimer avec davantage de maîtrise cette saison. Le RCNM s’en retrouve plus compétitif face aux grosses écuries, contre lesquelles il ne recule pas et maintient ses ambitions de jeu. Le match face à Agen en fut la meilleure des preuves.

Au-delà du gain de puissance affiché par le RCNM, le préparateur physique sud-africain des Orange et Noir, Richardson, a visiblement réussi l’autre partie de sa préparation d’avant-saison pour optimiser l’endurance de ses troupes. Les Audois affichent aujourd’hui un volume de jeu impressionnant, dans lequel les quinze joueurs se déplacent énormément pendant 80 minutes. Ils sont difficiles à contenir et leur jeu imprévisible est parfaitement orchestré par leur ouvreur, Christopher Ruiz, monsieur drop ! « Il bonifie quasiment tout le temps nos temps forts », explique un Buada admiratif. Avec Ruiz, mais aussi Pottas, ce sont même deux ouvreurs, deux botteurs et deux options différentes que possède Narbonne qui ne manque pas de cordes à son arc cette saison !

L’Histoire comme ciment

« Le passé est le socle de notre développement qui se veut durable… », écrit Joël Carrère sur le site internet officiel du RCNM. En s’inspirant de son Histoire pour l’opération reconstruction, Narbonne a donc su retrouver une âme. « Si la descente en Pro D2 l’année du centenaire du club avait traumatisé les joueurs, l’arrivée d’Arlettaz et d’un président qui veut construire sur la durée s’avère déjà une réussite à ce niveau-là », confirme Buada. Et les nostalgiques ne s’y trompent pas. Ils remplissent copieusement les travées de l’Egassiairal, même s’ils n’en ont jamais été bien loin tant le club fait partie intégrante de la culture et de la vie narbonnaises. Désormais, ils assistent aux première loges à la naissance d’une équipe. Et qui sait, avec ces maîtres artificiers-là, peut-être auront-ils droit à un bouquet final avant l’été !

« La première place, on la laisse à Agen car c’est une belle équipe. Mais derrière il y a six équipes capables de finir dans le dernier carré des demi-finalistes. Dont la nôtre », estime Arlettaz. Ce qui n’est pas tout à fait l’avis de Lanta, le coach d’Agen : « Nous ne sommes pas au-dessus du lot. Et le Pro D2 est un marathon en côte… » Cela tombe bien, le RCNM a un banc conséquent cette saison. Et ne dit-on pas aussi que la réussite sourit aux audacieux ? « C’est la seule façon de s’en sortir », conclut le coach narbonnais.

© N. Deltort

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