Blain : « Les choses ont changé depuis dix ans »

VOLLEY (SPORTMAG N°20, mars 2010)

© N. Deltort

Historiquement, le Languedoc-Roussillon a toujours bien été représenté dans l’élite du volley français. Cette saison, la région compte quatre clubs en Ligue A : Alès, Montpellier, Narbonne et Sète. Le Montpelliérain Philippe Blain, actuel sélectionneur de l’équipe de France, en explique la raison, mais aussi les difficultés qu’ont connues depuis quelques années des clubs mythiques comme le Mvuc et l’Arago de Sète.

Pourquoi la région a toujours été une terre de Volley ?

La plage a été un vecteur très important de développement de la discipline et le Languedoc-Roussillon est bien pourvu de ce côté-là. Le fait qu’on ait des villes universitaires a aussi attiré des étudiants adeptes des parquets, en plus d’avoir le Centre National du Volley-Ball à Montpellier. Pendant longtemps, les joueurs ont donc préféré les villes du Sud à celles du Nord. Mais tout cela a bien changé depuis dix ans.

Pourquoi ?

De nouveaux projets sportifs et une amélioration des contrats des joueurs ont permis l’arrivée de nouveaux clubs en France comme Tours, Poitiers, Tourcoing ou Paris, qui sont importants aujourd’hui dans le volley français. L’aspect financier a fait que les temps sont devenus plus difficiles pour nos équipes régionales car le contexte économique n’est pas très favorable. Même dans une ville comme Montpellier, où tous les sports sont représentés au haut niveau, il est difficile, à un moment donné, de trouver les moyens pour rester en haut du panier.

Que pensez-vous des arrivées récentes en élite de clubs comme Narbonne et Alès?

C’est une vérité intéressante, mais avec les 14e et 13e budgets de Ligue A, cela leur sera très dur de vraiment percer. Même Montpellier, qui a le 7e de France, connaît des difficultés. Sète prouve bien cette saison que l’ont peut réussir sans forcément avoir de gros moyens (L’Arago à le 12e budget de l’Hexagone, NDLR), mais c’est aussi une question d’enceintes sportives qui doivent être à la hauteur. Ce soir, la salle est pleine (interview réalisée lors du derby Sète-Montpellier, NDLR), mais elle aurait pu accueillir 1500 spectateurs de plus. Cela prouve aussi que quand les résultats sont là, cela relance une nouvelle dynamique.

L’Arago qui brille avec des jeunes, cela plait-il à l’œil du sélectionneur ?

Ils produisent du jeu, mais pas que ça. Il y a aussi beaucoup de présence au soutien et ce groupe vit en osmose, ce qui est agréable au regard. Il faut que le club profite de son actuelle réussite pour mettre un ensemble de choses en place. Sinon, les jeunes iront toujours là où les projets sportifs et économiques seront les plus intéressants.

@ Philippe Blain

Né le 20/05/1960 à Montpellier

Entraîneur de l’équipe de France depuis 2001

International français (340 sélections de 1980 à 1991)

Joueurs du Mvuc (1980-89), Cuneo/Italie (1989/91)

Entraîneur de Cuneo (1991/93), Cannes (1999/2000), Sète (2000/01)

Un peu d’histoire :

Le volley-ball s’est développé en France d’abord sur le pourtour méditerranéen après la Seconde Guerre mondiale, puis après l’indépendance d’Algérie, en 1962. Il était très populaire en Afrique du Nord et, en rentrant en métropole, les pieds-noirs ont ramené leur passion dans leurs bagages. L’implantation du Centre national (CNVB) à Montpellier en 1983, à l’initiative de l’ex-président pied-noir de la fédération, Jacques Shaw, a amplifié le phénomène. Cette saison, la Ligue A compte 8 clubs sudistes, soit la moitié des équipes de l’élite.

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