David Barrot : L’ange gardien

DAKAR (SPORTMAG N°18, janvier 2010)

© D.R.

Après sa magnifique performance sur le Dakar 2009, le motard lézignanais repart au combat pour la 30e édition du rallye raid. Avec le Perpignanais Etienne Lormaud, ils sont porteurs d’eau de David Frétigné, 3e au palmarès de l’an passé et parmi les favoris du Dakar 2010.

« Le Dakar est la course moto la plus dure et la plus dangereuse du Monde. Et cette année, il est encore plus corsé, c’est encore mieux ! », se réjouit David Barret. À 41 ans, le « sanglier des Corbières » – on surnomme ainsi le motard originaire de Narbonne – est une tête brulée. « Quand je tire tout droit avec ma moto, j’éclate les arbres ! Je dois aussi ce surnom à mon côté un peu bourru et rustre », rigole-t-il.

Lui qui a été champion de France de Rugby à XIII avec Lézignan, en est à sa 11e année de moto et son 2e Dakar. « J’ai arrêté le rugby à 30 ans puis je me suis mis à fond dans les courses. C’était mon petit challenge. » Lors d’une journée découverte à Nogaro (Gers), il rencontre l’ex champion, Philippe Thomas. Ce dernier lui suggère d’apprendre, car il sent que David a du potentiel. Suivent trois mois de stage intensif chez l’ancien pilote, Dominique Sarron, qui fait très vite de David un motard disputant les championnats de France. « Puis on s’est aperçu que j’avais un rapport poids/puissance désavantageux pour la vitesse pure, alors j’ai basculé en course d’endurance », explique David.

Il créé aussi sa Team Power Bike avec des amis de Lézignan. Tout va alors crescendo, jusqu’à ce que la team devienne la moto N°2 de Yamaha Motor France en 2006 lors du Bol d’Or. Cette année-là, il rencontre David Frétigné sur une course de quad. « Ça a de suite collé entre nous.» Et quand, l’an passé, lors du Dakar en Argentine, Frétigné perd son pilote suiveur (Olivier Pain) dès le 3e jour de compétition, David et Etienne viennent à la rescousse. « On lui dit : ‘Maintenant, nous, on est là pour toi’. » Frétigné termine 3e au général. David est 19e, déjouant tous les pronostics d’avant course. Alors, le pilote leader désire poursuivre l’aventure avec ses deux suiveurs en 2010. Le Lézignanais accepte :« J’ai déjà accompli mon rêve de terminer un Dakar. Je repars car la mission que David nous a donnée est motivante. Il joue la gagne. »

Ils rouleront avec un prototype Yamaha qu’ils peaufinent depuis un an. À côté du travail physique effectué depuis six mois, en altitude, puis au Pré-Sport de Perpignan, ils roulent deux fois par semaine ensemble et ne manquent pas de s’appeler les autres jours. « Ma femme dit souvent que David est ma maîtresse », plaisante Barret.

Le 28 décembre, il s’est envolé pour l’Argentine, après « de vrais adieux, car on se sait jamais si on va revenir ». Fabien, son frère cadet, a confiance : « David a toujours eu besoin de ce genre de défi pour avancer plus vite. Et avec le travail, son intelligence et toute la famille derrière sa passion, il s’en sortira bien. »

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