Le maître artificier du MHSC !

FOOT (SPORTMAG N°20, mars 2010)

"Bend it like Costa"...(© N. Deltort)

Le MHSC et Alberto Costa vivent une belle histoire. Le détonnant promu navigue dans les hautes sphères de la L1 et son milieu de terrain argentin est l’un de ses rouages essentiels. Sa patte gauche et sa grinta l’avaient révélé en L2. Cette saison, « Tino » confirme toute l’étendue de son talent à l’étage supérieur.

Adolescent, Costa « voulait devenir quelqu’un », se rappelle Wanda, une amie d’enfance habitant toujours à Las Flores, la ville natale du joueur montpelliérain en lointaine banlieue de Buenos Aires. Tino a aussi un rêve quand il débarqua dans l’Hexagone en 2004 : celui de jouer, un jour, en L1. Il l’assouvit le 29 mai dernier quand Montpellier obtient sont ticket pour l’élite en battant Strasbourg (2-1) lors de l’ultime journée de L2 grâce à un but et une passe décisive de son joyau sud-américain. Wanda et les frères Costa s’étaient réunis dans un bar de Las Flores pour regarder ce match sur internet. « On portait tous le maillot du MHSC, se remémore la jeune femme. A la fin, on est sortis en criant dans la rue pour aller chez les parents de Tino. Ils pleuraient des rivières ! » Quelques mois plus tard, alors qu’il était promis aux affres du maintien avec le MHSC, Costa est aussi devenu l’un des meilleurs joueurs de L1 du moment.

Des rues en terre de Las Flores aux sommets de la L1, Tino a emprunté des chemins de traverse inhabituels, gravissant les échelons lentement, mais sûrement. A 6 ans, il débute avec La Terrazza, une équipe de quartier. Wanda se souvient : « Ses adversaires lui couraient souvent après pour le taper ! » L’Argentin est chambreur, roublard même. « Quand on s’est connus à la sortie du collège, il m’a abordée en me disant ‘Tu veux voir comment je suis rapide ?’ J’ai alors mis une pièce sur ma main et, avant que je ne m’en rende compte, il me l’avait volée pour aller jouer au babyfoot !, rigole l’amie du joueur. Tino est aussi une tête de mule. Quand il veut quelque chose, il fait tout pour y arriver. » C’est ce trait de caractère qui lui permettra de tenir une promesse – celle de devenir professionnel – faite à sa mère quand il quitte le cocon familial à l’âge de 15 ans. Le docteur Ruben Munoz, un ami des Costa, propose de devenir le tuteur de Tino pour l’amener jouer au Racing Basse-Terre (Guadeloupe) dont il est le président. « J’ai d’abord pensé qu’il plaisantait, avoue Tino. Puis comme mes parents ont vu que l’école n’était pas mon truc, ils m’ont dit ‘Ok, on te laisse partir, mais à toi de jouer maintenant !’ »

«Il arrive à dépasser ses limites physiques »

Il est le plus jeune joueur de l’histoire à débuter en DH guadeloupéenne. Munoz active ses contacts pour qu’il aille faire des essais en France. Guy Roux est séduit mais a déjà son quota de joueurs extra communautaires à Auxerre. C’est lors de sa 2e saison sur l’île que Costa tape dans l’œil du président du Racing Club de Paris, alors en National. Tino fait un essai en Ciel et Blanc mais le coach ne le désire pas. « Le président m’a dit de rester car il allait le virer », explique le joueur. Il écoute les conseils du dirigeant mais le club francilien connaît la banqueroute. Tino rejoint alors Pau, puis le FC Sète, toujours en National. C’est aux pieds du Mont St-Clair qu’il travaille ses coups de pieds arrêtés aux entraînements. « J’ai réalisé que c’était mon point fort. » Sète bataille pour la montée en L2, « à chaque coup franc de Costa, c’était occasion de but ! », se souvient une supportrice. Tino est élu meilleur joueur de National en fin de saison. Laurent Nicollin, le président délégué du MHSC, décide de le recruter. « On fait un pari sur lui, mais je le sens bien. Peut-être parce qu’il est argentin… », déclare-t-il à l’aube de la saison dernière. Pari gagnant ! Meilleur passeur de L2 et auteur de 8 buts, Costa poursuit son ascension. La L1 ne l’arrêtera pas.

La sélection dans un coin de sa tête

L’Argentin et le MHSC surprennent face à la crème du foot français. « Tino arrive à dépasser ses limites, ce qui explique son gros volume de jeu », note René Girard, le coach du MHSC. Lorsque son équipe connait un coup de moins bien, elle peut toujours s’en remettre « à la patte gauche exceptionnelle de Tino, une qualité qui n’a pas de prix dans le foot ». Confiner le joueur dans l’unique rôle de tireur d’élite serait pourtant réducteur, car le gaucho a depuis quelques mois atteint une plénitude dans leu jeu à l’instar du reste de l’équipe. « C’est grâce à l’amour qu’il porte pour sa famille, avance Wanda pour expliquer telle réussite. Les au revoir ont été terribles quand il est parti de Las Flores. Quitte à ce que tout le monde souffre, il s’est donné les moyens d’arriver le plus haut possible. » Tino a depuis peu les initiales de parents et frères tatouées sur l’épaule. Comme lui, ils sont fanatiques du San Lorenzo de Buenos Aires. « Si les dirigeants m’appellent, j’y vais tout de suite ! Mon père aurait une crise cardiaque de me voir porter ce maillot.» Qui sait, peut-être revêtira-t-il d’abord celui de l’Albiceleste ? Maradona n’a-t-il pas essayé plus de cent joueurs depuis sa prise de fonction à la tête de l’équipe d’Argentine ? « J’ai la sélection dans un coin de ma tête mais il va falloir bosser dur pour convaincre Monsieur Football. » Si « Dieu » le veut, « L’incroyable histoire de Tino Costa », comme titrait récemment Olé, le quotidien sportif le plus important d’Argentine, n’a pas fini de faire pleurer des rivières à Las Flores. @ N.D.

@Alberto Facundo Costa

Né le 9/01/1985 à Las Flores (Argentine)

Taille : 1m76 – Poids :70 kg

Parcours : Racing Basse-Terre (2002/04), Racing Paris (2004/05), FC Pau (2005/07), FC Sète (2007/08), MHSC (depuis 2008)

LES ARGENTINS DU MHSC :

Alberto Costa est le 4e Argentin à porter les couleurs du MHSC depuis la naissance du club en 1974. Voici ses trois autres compatriotes qui l’avaient précédé :

Hugo Curioni (Attaquant, 1978-80): un des premiers joueurs qui a enflammé la Mosson et le meilleur joueur de l’histoire du club avec Valderrama selon le président Louis Nicollin. En 56 matchs avec la Paillade en Division 2, ce dynamiteur de défense trouva à 23 reprises le chemin des filets. Son caractère, parfois fantasque, en avait fait le chouchou des supporters.

Victor Trossero (Attaquant, 1981-82) : Ce buteur, bon dribbleur et qui sentait bien les coups, est arrivé à Montpellier quand le club est monté en Division 1. Avec 7 buts en 27 matchs, il ne parvint pas à empêcher la relégation du MPSC et retourna terminer sa carrière à River Plate où il meurt un an plus tard d’une rupture d’anévrisme dans le vestiaire.

Jose Luis Villareal (Milieu, 1995-97) : Cet international argentin occupait le même poste que Romain Pitau aujourd’hui, celui de milieu organisateur devant la défense centrale. Doté d’une technique nettement au-dessus de la moyenne et d’une superbe vision du jeu, il n’a cependant pas pu devenir le maître à jouer du MHSC en raison de pépins musculaires.

SON ONZE IDEAL POUR LA COUPE DU MONDE :

Le joueur du MHSC arbore la signature de Diego Maradona, son idole et sélectionneur de l’Argentine, en tatou sur son épaule gauche. Voici l’équipe albiceleste qu’il alignerait en Afrique du Sud :

1. Romero (AZ Alkmaar) 2. Zanetti (Inter Milan) Otamendi (Vélez Sarsfield). Samuel (Inter) 4. Milito (Barça) 6. Mascherano (Liverpool) 7. Gago (Real Madrid) 8 Véron (Estudiantes La Plata) 9. Milito (Inter Milan) 10.Messi (Barça) 11.Tevez (Manchester City)

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Une réponse à “Le maître artificier du MHSC !

  1. pigeyre claude

    Il serait temps que Louis Nicollin siffle la fin de la récréation et rapelle au petit Costa que le boss à Montpellier , c’est toujours lui . Ca devient pathétique de voir Costa raffuter toutes les gazettes espagnoles pour faire parler de lui . C’est un immense joueur en devenir , mais il faut vite lui faire comprendre que ce devenir passe par MHSC avec lequel il a signé plusieurs saison , et je crois qu’il ne réalise pas la chance qu’il a de pouvoir exprimer tout son talent dans cette équipe si prometteuse : avec un énorme plus pour cette saison à venir , Giroud « le clône de Cubaynes , les pieds carrés en moins  » et cette pépite chilienne d’Estrada , une autre patte gauche exceptionnelle , avec un physique atypique d’armoire normande , comme les indiens de la Cordilière des Andes , court sur patte et rablé , avec un centre de gravité trèe bas et une vivacité de geste étonnante .Un beau challenge en perspective pour la saison prochaine pour se disputer le titre de meilleur buteur sur coup de pied arrêté .Encore une de ce tonneau et on arrête le recrutement avec une équipe qui risque de faire très mal ( aux autres ) la saison prochaine .Tu vas vite te consoler Tino en jouant dans une équipe si prometteuse qui va en étonner plus d’un !!

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