Signaté : « Pas un coup de chance »

HAND (SPORTMAG N°19, février 2010

"L’Artificière" a inscrit 34 buts aux championnats du monde (© PanoramiC)

Quelle est belle cette 5e médaille du hand féminin français obtenue lors des championnats du monde disputés en Chine en décembre dernier ! Retour sur la compétition avec la joueuse du Cercle de Nîmes, Mariama Signaté, élue meilleure arrière gauche de l’épreuve à l’issue de la finale perdue contre la Russie.

Après des débuts catastrophiques, l’équipe de France a miraculeusement passé la phase préliminaire puis ébloui jusqu’en finale. Comment l’expliquez-vous ?

On avait manqué de combativité et de force collective lors des deux premiers matches. Il a fallu un déclic pour que chaque joueuse aille chercher en elle la motivation nécessaire dans des championnats du monde.

Sidaba Dembélé, à la mi-temps du match face à la Suède, a poussé un coup de gueule. Est-ce le déclic dont vous parlez ?

On ne peut pas forcer les joueuses à puiser dans leurs ressources, cela ne vient que si l’on en a envie. C’est surtout la bonne ambiance au sein du groupe qui nous a aidées. On s’apprécie toutes, ce qui est assez rare. Cela nous a donné l’envie de se remettre en question.

Comment avez-vous vécu le reste de la compétition ?

Le désir de se mettre au service du collectif a payé jusqu’en finale. Notre force collective est alors montée en puissance, d’abord en défense, puis en attaque.

Avant la compétition, vous sentiez-vous proche ou loin d’une médaille ?

Cela peut paraître prétentieux de dire qu’on y croyait dès le début, mais on a vécu l’avant compétition dans l’espoir d’un effet de surprise. Car tout le monde nous sous-estimait après la World Cup de septembre dernier où nous avions perdu tous nos matches (1).

Avec dix matches en seize jours, n’est-ce pas le physique qui a flanché en finale ?

Dès que l’on met de l’engagement, cela use et laisse des séquelles. Après, cela se joue dans la tête. Personnellement, fatigue ou pas fatigue, je gardais surtout en mémoire le discours de l’entraîneur. Il avait eu des regrets après avoir visionné la finale perdue de 1999 et son but était que nous n’en ayons pas après celle-ci.

Au final, y en a-t-il eu ?

Surtout ce coup de folie dans le jeu qu’on n’a pas eu et qui aurait pu nous permettre de gommer l’écart de trois buts derrière lequel on a couru en vain. On peut aussi regretter la pression qu’on a un peu ressentie, sachant que c’était la première finale pour certaines d’entre nous.

La dernière marche était-elle trop haute ?

Sur le papier, c’est certain que la Russie a une formation exceptionnelle à tous les postes et beaucoup plus structurée que la nôtre. Mais on ne nous avait pas fait cadeau des autres matches jusqu’à la finale. Notre parcours n’a pas été un coup de chance.

Manquait-il quelques années d’expérience à l’équipe de France ?

Il ne faut pas se cacher derrière ça. Des équipes sans expérience peuvent finir sur la plus haute marche, comme la Russie en 2005. La force collective peut inverser la tendance.

Une nouvelle équipe de France est-elle née en Chine ?

Le groupe s’est formé bien avant, aux Jeux Méditerranéens que nous avons gagnés (2)! Et puis, on se construit même lors des échecs.

Cette équipe était programmée pour un podium en 2012, pensez-vous déjà aux J.O.?

Même si l’objectif est de faire toujours mieux, il faut d’abord montrer de l’humilité, confirmer et se montrer régulières sans viser trop loin dans le temps.

Votre coach Olivier Krumbholtz, est-il un magicien ?

Non, sinon cela voudrait dire qu’il a transformé des nulles en joueuses de handball ! La magie, elle a été collective, dans notre collaboration avec le staff. Olivier a les clés de nos défaillances. Si on ne l’écoute pas et qu’on n’arrive pas à appliquer ses consignes, il ne peut pas y avoir de magie. Ça marche dans les deux sens.

Edina Borsos, la manager générale, semble avoir tenu le rôle de « grande sœur » au sein du groupe France…

C’est un peu exagéré car, à ce moment-là, Olivier serait notre père. C’est pousser les choses un peu trop loin. On apprécie beaucoup Edina et elle a un rôle important dans notre vie collective. C’est en équipe que nous avons fait tout ça. On ne pratique pas un sport collectif pour ressortir quelqu’un du lot. Il faut privilégier le groupe. Même si certaines brillent plus que d’autres.

Comme vous, qui finissez meilleure marqueuse en Chine et dans le 7 majeur mondial…

Les efforts payent ! Cela a également permis de remettre les choses à niveau car il y avait eu beaucoup de choses de dites à mon sujet. C’est une belle revanche.

C’est désormais le retour aux affaires en club avec Nîmes, avec quels objectifs ?

Il faut confirmer notre troisième place de la saison passée et faire mentir les mauvaises langues qui critiquent beaucoup mais qui ont montré qu’elles n’étaient pas forcément objectives. L’équipe est jeune et a une bonne marge de progression. Le retour des blessées va nous permettre d’être ambitieuses. Il faut se rapprocher de plus en plus de la première place. La saison peut être pleine de surprises. En espérant qu’elles soient bonnes pour Nîmes !

(1) La World Cup est un tournoi de pré échéance internationale regroupant quelques unes des meilleures nations de handball. Elle a eu lieu au Danemark en septembre 2009.

(2) La 16e édition des Jeux Méditerranéens s’est déroulée l’été dernier à Pescara en Italie. La compétition rassemble 23 nations bordant la Méditerranée.

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