Boudjellal a conservé le goût du scénario

Portrait – Nicolas Deltort, Mériden Mag, novembre 2010

Le président du RC Toulon (photo N.D.)

Entré dans le monde de l’ovalie en mai 2006, le PDG des éditions Soleil, qui a pris le contrôle de 51% de la SASP (PRECISER  le sigle), est le principal artisan du développement économique du RC Toulon depuis quatre ans. Mais il a à son actif quelques autres succès.

Un festival de BD à 15 ans, une librairie ouverte à 21, une maison d’édition à 28 et …un club de rugby à 46 ans. Mourad Boudjellal, c’est la plus belle succès story toulonnaise de ses 20 dernières années. Fils d’immigrés algériens, né à Toulon il y a 50 ans, passionné par le neuvième art, il a fait fortune grâce à sa passion : la bande dessinée. Sa maison, “Soleil”, réussit d’entrée de jeu un joli coup en rachetant les droits du héro “Rahan”. Mais le vrai succès viendra avec l’édition originale de “Lanfeust de Troy”, des aventures “heroic fantasy” déclinées en plusieurs tomes et en plusieurs séries. Répartie sur trois étages au numéro 15 du boulevard de Strasbourg de Toulon, la maison réalise un chiffre d’affaire estimé à 40 millions d’euros.

Une autre passion, le sport en général et le RCT en particulier – l’a amené à devenir un important partenaire du club au cours des années 2000 avant de devenir l’actionnaire principal en mai 2006. « Je ne suis pas venu au rugby, mais au RCT », aime-t-il dire. Parvenu assumé, « l’Arabe en Ferrari », comme il était surnommé à ses débuts, n’est pas du sérail. Il faut dire que sa méconnaissance de l’ovale (à ses débuts), sa distance affectée avec l’esprit rugby (« Ce n’est pas ma famille, pas mon humour, pas ma culture »), son image d’affairiste patent avaient de quoi alimenter le scepticisme. Boudjellal bouscule les conservatismes du rugby, dirige son club comme une entreprise et pense qu’il faut innover pour récolter les fruits de ses investissements. Il est riche, il aime que ça se sache, avec lui c’est « rugby sur ongle ». Honni par les dirigeants de la LNR ou adulé par les Toulonnais, Boudjellal est parfois ulcéré par l’image qu’il renvoie.

« Monsieur Mourad », comme il aime se faire appeler, police désormais son langage. Inaccoutumé du fait, il a compris que cela lui servirait pour franchir le dernier palier qui le sépare d’un titre de champion de France sur le terrain. « Il restera dans le rugby tant qu’il n’aura pas gagné quelque chose », estime un de ses proches. Boudjellal, qui avait dit à ses débuts dans le monde de l’ovalie qu’il n’y resterait pas éternellement, partira t-il s’il venait à soulever le Brennus (le bouclier donné au champion de France du TOP14) en mai prochain ? « Le passé, je m’en fous un peu. Ce qui m’intéresse, c’est ce que je n’ai pas vécu ». L’homme d’affaires avoue être devenu « un junkie » du RCT. En passant des bulles à la balle, Boudjellal a conservé le goût du scénario. Le ballon de rugby ne rebondit pas forcément du côté où l’on s’y attend le plus. Mourad Boudjellal non plus.

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